Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route,
il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc
bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la
dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en
épaulant la lame sur l'arrière avec un minimum de toile. La fuite
reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau
et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages
inconnus qui surgiront à l'horizon des calmes retrouvés. Rivages
inconnus qu'ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir
suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu
imposée par les compagnies de transport maritime.
Vous connaissez sans doute un voilier nommé "Désir".
Henri LaboritEloge de la fuite (1976).